De l'isolation en général...

Obtenir une température constante et douce, hiver comme été; faire en sorte que les notes de chauffage soient le moins élevées possibles, tels sont les deux critères qui vont sans doute guider votre choix.
Il manque encore une donnée, certainement la plus importante, qui est de rester en bonne santé. Encore un effort et on peut aussi se préoccuper de la santé de notre planète.
Ce préalable étant posé, nous y rajouterons quelques remarques supplémentaires.
La qualité de l'isolation est fondamentale pour le confort et la santé de la maison et de ses habitants. C'est donc un point à traiter en priorité, car elle est là pour longtemps et on peut difficilement la modifier après coup.
C'est également un investissement rentable puisqu'il influe directement sur nos dépenses d'énergie.

Qu'est-ce qu'isoler une maison ?

La question paraît simple : il s'agit, l'hiver, d'empêcher le froid de rentrer et la chaleur de sortir (ce qu'elle a tendance à faire naturellement), et l'été l'inverse.
En réalité, la chose est beaucoup plus complexe. Une réponse précise devrait prendre en compte les notions de convection, conduction, rayonnement et autre évaporation, et rentrer dans le labyrinthe des coefficients et de leurs formules de calcul du genre :

E = 0,024/R (K0 - K1) x S x Dj en KWh (formule simplifiée... )

Les spécialistes s'y retrouveront, mais chacun a pu expérimenter qu’à température égale de l'air, on peut se sentir bien dans une pièce ou y avoir toujours froid (selon que les murs y sont chauds ou froids). On peut comprendre également que les murs d'une maison isolée de l'extérieur, restituant lentement la chaleur accumulée, offrent un plus grand confort thermique que ceux d’une maison isolée de l’intérieur, plus vite chauffée mais aussi plus vite refroidie.

Qu'est-ce-qu'un matériau isolant ?

On peut les classer en deux grands types :

- l'isolant traditionnel : laines de tout poil, naturelles ou synthétiques, qui en fait emprisonnent la chaleur ou le froid et retardent ainsi leur transmission d'un milieu à un autre. Ils sont en général de forte épaisseur car plus on en met, meilleure est l'isolation.

les synthétiques :

- laines minérales (de verre, de roche), polystyrènes, polyuréthanes etc. Ces produits, outre leurs conditions de fabrication, présentent l'inconvénient de se dégrader avec le temps et des risques pour la santé et l'environnement: fibres microscopiques, émanations nocives, efficacité réduite dans le temps, toxicité en cas d'incendie. De plus ils sont peu ou pas bio-dégradables.

les naturels :
- laines de chanvre, de lin, de mouton, liège, ouate de cellulose, bois feutrés etc.
Ils sont stables, biodégradables, inoffensifs en cas d'incendie, agréables et faciles à poser, renouvelables et bio-dégradables.

- l’isolant réflecteur mince, basé sur la capacité de certains matériaux de réfléchir le rayonnement infra-rouge, c'est-à-dire justement de renvoyer la chaleur vers l'intérieur l'hiver et vers l'extérieur l'été. Dans ce cas, l’épaisseur n’intervient pratiquement pas. En gros, l’épaisseur de l’isolant réflecteur est 10 fois moindre que celle de l’isolant "absorbeur". Ce matériau, bien qu'artificiel, ne présente pas de danger pour la santé, ni pour l'environnement.

 

 

 

 

 

 

 

 

... et des isolants en particulier

Vous trouverez dans ce catalogue différents types d’isolants dont la caractéristique commune est d'être dépourvus de nocivité. Bien qu'ils ne bénéficient pas tous, en France, des homologations, DTU et autres "diplômes" exigés par la profession, leurs qualités et performances sont connues de longue date chez nos voisins du Nord.

Comment choisir ?

Mises à part les contraintes de coût ou de mise en oeuvre, le choix d'un matériau reste très personnel. Si certains ne jurent que par le lin, symbole de noblesse et d'élégance, pour d'autres la rusticité paysanne du chanvre est la séduction même . La laine, évoquant confort et douceur pour tous, gênera certains de par sa provenance animale et son traitement chimique. Quant à l'isolant réflecteur, évocateur de technologie spatiale et de modernité, il repoussera les uns par son côté artificiel; d'autres le trouveront carrément "génial". Seul le liège semble faire l'unanimité; sans doute (grâce aux bonnes bouteilles), nous est-il plus familier.
Dans tous les cas, il vaut mieux suivre son penchant; nous avons avec les matériaux des affinités qu'il est préférable, dans la mesure du possible, de respecter.

Quelques bases

Le coefficient de conductivité thermique, dit "lambda", représente la capacité d'une matière homogène à laisser passer la chaleur.
Plus il est faible, plus le matériau est isolant.
Exemples : Verre : 1,15 - Plâtre : 0,46 à 0,70 - Bois : 0,12 à 0,29 - Liège, laines minérales et laines naturelles : 0,038 à 0,040. Polystyrène expansé : 0,036 - Mousse de polyuréthane : 0,023
L'air immobile est un excellent isolant thermique.
Vous entendrez aussi votre architecte ou votre artisan parler de coefficient R (résistivité thermique). Sa formule simple permet de calculer l'épaisseur voulue d'isolant.

R = e / lamda (R de 4 = 0,1 m / 0,04)
e = R x lambda (0,1 m x 0,04 = R de 4 )

 

Les matériaux d'isolation ont des comportements au feu très variables. Le classement officiel en France (de M0 à M5) date de 1973 et ne tient compte que de l'inflammabilité et pas des fumées, souvent très toxiques.
La mise en oeuvre, les traitements, les matériaux avoisinants influent aussi sur la tenue au feu de l'isolant.


Comparaison entre quelques matériaux :
Épaisseur nécessaire pour obtenir un même coefficient d'isolation thermique (source CEMS)

 

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