Nous savons tous que les bois actuellement vendus, et ce depuis quelques dizaines d’années, sont plus qu’autrefois sujets aux attaques des xylophages parce qu’ils sont séchés trop vite ou coupés trop jeunes,
ou encore en période de montée de sève.
D’autre part nos modes de vie, le chauffage central en particulier, offrent des conditions très favorables à leur développement.
Les capricornes, vrillettes et termites ont donc de beaux jours devant eux, ainsi que les démarcheurs qui viennent visiter d’office votre maison et vous annoncent généralement l’écroulement imminent de votre charpente si vous ne traitez pas d’urgence.
Lorsqu’un arbre pousse, il forme chaque année une nouvelle couche de bois autour de son tronc. Ce bois jeune assure l’acheminement de la sève et des éléments nutritifs : c’est l’aubier.
Chaque année, les cernes les plus anciens se transforment en bois parfait (bois de coeur), entraînant parfois un changement de la couleur du bois. On parle alors de bois parfait duraminisé ou duramen qui se distingue visuellement de l’aubier.
C’est le cas d’essences comme : Châtaignier, Chêne, Orme, Robinier pour les feuillus; Douglas, Mélèze, Pins, Red Cedar pour les résineux, ainsi que beaucoup d’essences tropicales.
Chez d’autres essences, l’aubier et le bois parfait ne se distinguent pas par la couleur.
C’est le cas du Bouleau, Charme, Frêne, Hêtre, Peuplier pour les feuillus; Épicéa, Sapin pour les résineux, et les bois tropicaux blancs ou clairs.
Une fois l’arbre abattu, ces deux zones de bois vont se comporter différemment :
L’aubier contient encore de la sève et des matières nutritives (sucres, amidon) favorisant le développement des insectes et champignons. Il sera donc facilement dégradé.
Par contre, les aubiers différenciés sont en général très perméables. Leur caractère périssable est donc compensé par la possibilité de les imprégner avec des produits protecteurs.
Le bois parfait duraminisé ne contient plus de substances de réserve mais renferme des antiseptiques naturels (tanins, résines). Il est donc plus résistant vis-à-vis des agressions biologiques mais aussi peu ou pas imprégnable et donc difficile à traiter.
En revanche le bois parfait non duraminisé (non distinct de l’aubier) ne contient pas ces constituants antiseptiques et donc est peu résistant.
En conclusion de ce très bref panorama, plus le bois est riche en aubier et plus il y a d’humidité dans la construction, plus le risque d’insectes xylophages est élevé.